La version des Grimm se rapproche du conte francais de Charles Perrault, mais s'en distingue par l'absence de fee marraine. C'est l'arbre plante sur la tombe de la mere qui joue ce role. Les soeurs se mutilent pour entrer dans la chaussure, detail cruel absent de la version de Perrault.
1.La patience et la vertu finissent toujours par etre recompensees
2.La vraie beaute reside dans la bonte du coeur et non dans les apparences
3.La justice triomphe toujours, meme si elle tarde a venir
Cendrillon (Aschenputtel)
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Il etait une fois un riche homme dont l'epouse tomba malade. Sentant sa fin proche, elle appela sa fille unique a son chevet et lui dit : « Chere enfant, sois bonne et pieuse, et le bon Dieu te protegera toujours. » Puis elle ferma les yeux et s'en alla. La jeune fille allait chaque jour pleurer sur la tombe de sa mere et restait bonne et pieuse.
Quand l'hiver vint, la neige etendit un manteau blanc sur la tombe, et quand le soleil du printemps l'eut fait fondre, le pere prit une autre femme. Celle-ci amena deux filles a la maison, belles de visage mais noires de coeur. Des lors, les temps furent durs pour la pauvre belle-fille. « Que cette oie bete s'asseye au salon avec nous ? » disaient-elles. « Celui qui veut manger du pain doit le gagner. Au loin avec la servante de cuisine ! » Elles lui prirent ses beaux vetements, lui donnerent une vieille robe grise et des sabots grossiers. Elles la menerent a la cuisine, ou elle dut faire les travaux les plus durs du matin au soir, puiser de l'eau, allumer le feu, cuisiner et laver. De plus, les soeurs la raillaient et jetaient des pois et des lentilles dans les cendres, la forcant a s'asseoir pour les trier. Le soir, fatigee, elle devait dormir aupres de l'atre parmi les cendres. C'est pourquoi elles l'appelerent Cendrillon.
Un jour, le pere partit pour la foire et demanda a ses deux belles-filles ce qu'elles voulaient. « De belles robes, » dit l'une. « Des perles et des bijoux, » dit l'autre. « Et toi, Cendrillon, que veux-tu ? » « Pere, casse-moi la premiere branche qui heurtera ton chapeau sur le chemin du retour. » Il rapporta les cadeaux aux belles-soeurs et a Cendrillon un rameau de noisetier. Cendrillon le planta sur la tombe de sa mere et pleura tant que ses larmes l'arreuserent. Il poussa et devint un bel arbre. Trois fois par jour, Cendrillon allait s'asseoir dessous et priait. Un petit oiseau blanc venait toujours sur l'arbre, et quand Cendrillon exprimait un voeu, l'oiseau lui jetait ce qu'elle avait souhaite.
Or il arriva que le roi organisa une fete qui devait durer trois jours, afin que son fils puisse choisir une epouse parmi toutes les belles jeunes filles du pays. Les deux belles-soeurs se rejouirent et appelerent Cendrillon pour les coiffer. Cendrillon voulait aussi aller au bal et supplia sa belle-mere. « Toi, toute couverte de poussiere ! Tu veux aller a la fete ? Tu n'as ni robe ni souliers ! » Mais Cendrillon insistait tant que la belle-mere finit par dire : « J'ai verse un plat de lentilles dans les cendres ; si tu les as triees en deux heures, tu pourras venir. »
Cendrillon appela les oiseaux du ciel a l'aide : « Les bonnes dans le pot, les mauvaises dans le bec. » Les pigeons arriverent en volant et trierent toutes les lentilles en moins d'une heure. Mais la belle-mere trouva encore une excuse et refusa de la laisser partir.
Quand les parents et les soeurs furent partis, Cendrillon alla a la tombe de sa mere sous le noisetier et cria : « Petit arbre, remue-toi et tremble, jette de l'or et de l'argent sur moi. » L'oiseau lui jeta une robe d'or et d'argent et des pantoufles brodees de soie. Elle s'habilla et courut a la fete. Ses soeurs et sa belle-mere ne la reconnurent pas et la prirent pour une princesse etrangere. Le prince la prit par la main et dansa avec elle, refusant toute autre partenaire.
Le soir venu, elle s'enfuit et sauta dans le pigeonnier. Le prince la suivit mais ne la trouva pas. Le deuxieme jour, l'oiseau lui donna une robe encore plus magnifique. Le prince ne dansa qu'avec elle. Quand elle voulut s'enfuir, il la suivit, mais elle sauta par-dessus le poirier et disparut. Le troisieme jour, l'oiseau lui donna une robe eclatante et des pantoufles d'or. Le prince avait fait enduire de poix l'escalier ; la pantoufle gauche de Cendrillon y resta collee.
Le prince prit la pantoufle et declara qu'il epouserait celle dont le pied correspondrait a la chaussure d'or. Les deux soeurs essayerent en vain. L'aine coupa son orteil, la cadette coupa son talon, mais les pigeons chanterent : « Regarde et vois, il y a du sang dans la chaussure ! La chaussure est trop petite, la vraie fiancee n'est pas la. » Enfin, le prince demanda si la maison ne contenait pas une autre fille. Le pere dit : « Il ne reste que la petite Cendrillon, sale et couverte de cendres. » Mais le prince insista. Quand Cendrillon eut lave et habille, elle essaya la pantoufle qui lui allait parfaitement. Le prince la prit pour fiancee.
Au mariage, les fausses soeurs voulurent partager la fortune de Cendrillon. Mais les pigeons leur creverent les yeux, les punissant de leur mechancete pour le reste de leurs jours.
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La version des Grimm se rapproche du conte francais de Charles Perrault, mais s'en distingue par l'absence de fee marraine. C'est l'arbre plante sur la tombe de la mere qui joue ce role. Les soeurs se mutilent pour entrer dans la chaussure, detail cruel absent de la version de Perrault.
Frequently Asked Questions
Editorial Review
E-E-A-T
Reviewed by
Dr. Eleanor Vance, Folklore Studies
Last updated
April 6, 2026
Sources & References
1.Zipes, J. — The Brothers Grimm: From Enchanted Forests to the Modern World (2002)
2.Tatar, M. — The Hard Facts of the Grimms' Fairy Tales (1987)
3.Jack Zipes — Fairy Tales and the Art of Subversion (1983)